Campagnes 1969 / 1973

Campagnes

La vie de la Jeanne d’arc

Sixième campagne 1969 / 1970 :

Le 5 septembre, le CV Gélinet passe les commandes de la Jeanne au CV François Flohic.

Après un carénage estival, la Jeanne est prête à se lancer dans l’unique tour du monde par l’Est de sa carrière. Elle quitte Brest le 5 novembre 1969 pour 201 jours de mer et 24 escales : Dakar, Abidjan, Pointe Noire, Durban, Antsiranana, Port Louis, La Réunion, île Rodriguez, Jakarta, Singapour, Hong-Kong, Tokyo, Kobe, Nouméa, Papeete, Bora Bora, Mururoa, Balboa, Fort-de-France, Les Saintes, Boston, Saint-Pierre, Québec et retour à Brest le 24 mai 1970. Elle embarque 4 HSS-1 et 2 Alouette III.

A signaler : Le 14 décembre, alors que la Jeanne se trouve près de l’île Juan de Nova, elle reçoit un appel de détresse pour un technicien de la station météorologique grièvement blessé à l’abdomen. Il est évacué par hélicoptère, opéré à bord et débarqué à Diego Suarez.

Le 10 février, en quittant Kobe, le Victor Schoelcher entre en collision avec le cargo japonais Nichiwa Maru.La collision a occasionné des dégâts de coque bâbord arrière, ce qui oblige l’AE à faire route vers les chantiers IHI de Kure au Japon. Pendant ce temps, la Jeanne file sur Nouméa. Les deux navires se retrouveront en Polynésie.

En mars 1970, les habitants de Bora Bora offrent au commandant une tortue de mer géante. Le commandant la fait installer dans un youyou rempli d’eau de mer et placé à tribord du château. L’équipage la baptise : Mathilde.

Avant l’arrivée à Panama, Mathilde est rendue à la mer après une cérémonie sur le pont d’envol et le défilé des musiciens.

Septième campagne 1970 / 1971 :

Le 27 octobre 1970, la Jeanne, accompagnée par le fidèle AE Victor Schoelcher, quitte Brest pour une campagne longue de 203 jours et composée de 23 escales : Dakar, Rio de Janeiro, Montevideo, Puerto Belgrano, Baie Orange (Chili), Fortescue, Valparaiso, Juan Fernandez, île de Pâques, Mururoa, Papeete, Bora Bora, Nuku Hiva, San Francisco, Acapulco, Balboa, Nouvelle-Orléans, Fort-de-France, Casablanca, Porto Vecchio, Trieste, Split, Tunis et retour à Brest le 19 mai 1971.

Durant la traversée Dakar / Rio, la nouvelle annonçant la mort du Général de Gaulle ébranle le moral du commandant qui, jusqu’en 1969, avait été son aide de camp.

A signaler : A l’île de Pâques, les Pascuans, invités à visiter le bord, refusent de monter dans les embarcations car d’habitude c’est en hélicoptères qu’ils s’y rendent ! Ils auront gain de cause.

Huitième campagne 1971 / 1972 :

Le 3 septembre 1972, le CV François Flohic passe le commandement de la Jeanne d’Arc au CV Gérard de Castelbajac. Le 22 octobre, c’est le président de la République, monsieur Georges Pompidou, qui vient donner le départ du porte-hélicoptères pour une campagne qui comptera le plus grand nombre d’escales de sa carrière (31) et pour un quatrième tour du monde qui demandera 208 jours de navigation.

Les escales furent : La Horta (Açores), Fort-de-France, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Basse-Terre, Rodman, Callao de Lima, Pitcairn, les Gambiers, Mururoa, Papeete, Taïatea, Wellington, Sydney, Nouméa, Lifou, Bali, Surabaya, Singapour, Penang, Colombo, Bombay, Karachi, Djibouti, Moroni, Antsiranana, Le Cap, Sainte-Hélène, Monogaga, Abidjan, Dakar et retour à Brest le 18 mai 1972.

A signaler : L’escale de Papeete qui devait être reposante se passe sous des pluies diluviennes, ce qui gâche les 5 jours d’une escale tant attendue.

Dans l’après-midi du 17 janvier 1972, après avoir quitté l’escale de Sydney, un manœuvrier occupé à entretenir la vedette du commandant a la surprise d’entendre quelqu’un éternuer. Soulevant les planches du tableau arrière, il découvre un homme d’environ 25 ans parlant français. Ce passager clandestin, sans moyens pécuniaires, souhaitait profiter du passage de la Jeanne pour rallier gracieusement Nouméa et rejoindre à peu de frais son amie. Bien évidemment, à Nouméa, c’est la maréchaussée qui l’attendait.

Neuvième campagne 1972 / 1973 :

Après la période d’entretien, le PH se rend à Rouen pour la première fois, du 13 au 16 octobre 1972. La remontée de la Seine impose le démontage du tacan sur la partie supérieure du mât afin de passer sans encombre sous le pont de Tancarville.

Dix jours plus tard, le 26 octobre, la Jeanne quitte Brest pour sa huitième campagne, longue de 209 jours et 29 escales, ce qui en fait la deuxième campagne par le nombre d’escales. Toujours accompagnée par l’AE Victor Schoelcher, elle embarque 4 HSS- 1 et 2 Alouette III.

Les escales seront : Lisbonne, Dakar, Rio de Janeiro, Buenos Aires, Punta Arenas, Chiloe, Valparaiso, Juan Fernandez, île de Pâques, Pitcairn, les Gambiers, Mururoa, Papeete, Bora Bora, Honolulu, Vancouver, San Francisco, Mazatlan, Balboa, Les Saintes, Fort-de-France, La Dominique, Funchal (Madère), Le Pirée, Santorin, Patmos, Lemnos, Istanbul, Naples et retour à Brest le 23 mai 1973.

A signaler : Peu de temps avant l’arrivée à Fort-de-France, une épidémie de grippe décime une partie de l’équipage, ce qui occasionnera des dérèglements de service pour que le bon fonctionnement du navire se poursuive.

Après l’escale de Mazatlan, la Jeanne d’Arc et le Schoelcher se séparent définitivement. Le Schoelcher a effectué 12 campagnes en tant que conserve dont 3 avec le croiseur « Jeanne d’Arc« .

L’AE restera en zone Pacifique pour encadrer les essais nucléaires. Sans conserve officielle, le PH est accompagné par le Champenois jusqu’à Madère puis par le Tartu en Méditerranée. La Jeanne d’Arc rentre seule à Brest.

Mes ref : Site Netmarine

: » La Jeanne‘ » de Luc Christophe Guillerm

: « Les 45 campagnes de la Jeanne d’Arcet de ses marins » Antoine Morcello

: « La Jeanne d’Arc porte-hélicoptères R97″ Stéphane Ducast et Christophe Géral

: Les avis et commentaires d’anciens marins de la Jeanne.