Vingt-huitième campagne 1991 / 1992 :
Le 15 juillet 1991, le CV Jean-Marie Viriot passe le commandement de la Jeanne au CV Michel Olhagaray. Durant l’été 1991, la Jeanne subit une longue période d’entretien qui se termine le 4 octobre, ce qui laisse le temps à l’équipage de s’entraîner avec l’escadre de l’Atlantique.

Le départ de la campagne est donné par Pierre Joxe, ministre de la défense, le 12 décembre. La Jeanne d’Arc, avec sa conserve l’Enseigne de Vaisseau Henry, appareille pour sa 28 ème campagne, d’une durée de 177 jours et 17 escales : Istanbul, Djibouti, Cochin, Surabaya, Manille, Inchon, Tokio, Vladivostok, Hong-Kong, Singapour, Phuket, Port Louis, La Réunion, Mayotte, Djibouti, Palerme, Barcelone et retour à Brest le 05 juin 1992. Pour ce périple, elle embarque 4 Alouette III.
A signaler : Le groupe école passe la ligne de l’équateur sur la route de l’Indonésie et profite de la présence de médecins élèves pour venir en aide aux victimes philippines de l’éruption du volcan Pinaturo qui a eu lieu quelques mois auparavant.
A l’appareillage de Tokyo, l’EV Henry est victime d’une avarie qui le contraint à rejoindre les chantiers de
Yokosuka.
Le PH profitera seul d’une des escales les plus marquantes de toute son histoire : Vladivostok. Cette
escale, la première d’un navire français en Sibérie depuis 1919, laissa bien des souvenirs aux
heureux marins. En effet, l’Union Soviétique étant dissoute depuis officiellement deux mois,
l’enthousiasme de la population était à son paroxysme, ce qui valut à nos marins un accueil rempli d’allégresse.

Ils furent submergés de cadeaux et de marques d’attention. Danses cosaques et russes, musique des balalaïkas, chants, chœurs et réception dans les familles.

Cette escale fut également marquée par un accostage par l’arrière assez brutal car peu courant. Le départ de Vladivostok fut très difficile pour les marins et il n’est pas nécessaire d’en préciser les raisons.

Vingt-neuvième campagne 1992/ 1993 :
La période d’entretien est terminée en octobre et le nouvel équipage s’entraîne en mer du 2 au 6 novembre. Le tracé de cette campagne est pratiquement le même que celui emprunté 20 ans plus tôt, avec néanmoins beaucoup moins d’escales, 17 au lieu de 29 et pour une durée moins longue, 179 jours au lieu de 209. Dakar, Rio de Janeiro, Buenos Aires, Montevideo, Valparaiso, île de Pâques, Papeete, Hiva Oa, San Francisco, Mazatlan, Balboa, La Guaira, Philadelphie, La Nouvelle Orléans, Fort-de-France, île du Salut, Casablanca,
et retour à Brest le 4 juin 1993.

Pour ce périple, la Jeanne, embarque 2 hélicoptères Alouette III, 2 hélicoptères Cougar du RHCM et 3 hélicoptères Gazelle du 1er RHC. Il y a à bord un détachement de l’aviation légère de l’armée de Terre.

Le 8 décembre, la Jeanne et L’EV Henry, accompagnés pour plusieurs semaines par le sous-marin Casabianca
(SNA de type rubis), quittent Brest et, après une escale au Sénégal, filent droit vers l’hémisphère sud.

A signaler : – Pour perfectionner leur entraînement, les officiers élèves embarquent tour à tour à bord du sous
marin. L’arrivée à Hiva Oa est marquée par un évènement un peu fou : Afin de vérifier que les procédures en
passerelle fonctionnent, mais aussi pour gagner un pari, un marin se jette volontairement à l’eau pour déterminer en combien de temps il sera ramené à bord. L’histoire ne dit pas combien de temps il est resté … consigné à bord.
Après un passage en Louisiane, le transit du retour est endeuillé par le décès accidentel d’un officier-élève belge lors de l’escale à Fort-de France.