Les années 2000
On n’aura sans doute jamais autant parlé de la Jeanne d’Arc : les années 2000 sont celles de la célébrité. Ce seront aussi des années de résistance pour un bateau que tout le monde voyait à la casse en 2006, date programmée pour sa retraite.
Trente-sixième campagne 1999 / 2000 :
Le 23 juillet 1999, le CV Pierrick Blairon, passe le commandement de la Jeanne au CV Philippe Combes.

Pour cette 35ème campagne, la Jeanne accueille un nouveau compagnon de route : la frégate Georges Leygues, sauvée du désarmement pour des missions de conserve de la Jeanne d’Arc. Le groupe école quitte Brest le 24 novembre 1999 pour une campagne de 161 jours sur un tracé habituel composé de 15 escales : New York, Les Saintes, Fort-de- France, îles du Salut, Rio de Janeiro, Buenos Aires, Ushuaïa, Montevideo, Tristan da Cunha, Le Cap, Maputo, Antsiranana, Mascate, Djibouti, Beyrouth, Lattaquié (conserve), Naples et retour à Brest le 2 mai 2000. La Jeanne embarquera 2 hélicoptères Alouette III de la 22 S, 2 hélicoptères Puma de l’aviation et 2 hélicoptères Gazelle du 3ème RHC.
A signaler :
- La fête du passage à l’an 2000 se fera au mouillage devant les îles du Salut ; auparavant, les volontaires ont pu visiter les ruines et le musée du bagne.
- Le 3 février la Jeanne fait escale à Ushuaïa et devient ainsi le premier navire de la Marine Nationale à faire escale dans cette ville, la plus australe du monde.

- Début mars, la Jeanne est déroutée vers Maputo afin de venir en aide aux populations victimes de cyclones et du débordement du fleuve Limpopo. Des routes entières sont effondrées dans la capitale.
- Au Mozambique, environ 1,5 million de personnes sont touchées par le sinistre. Tous les hélicoptères interviennent pour l’opération appelée «Limpopo II». Le commandant est interviewé sur France Inter et souligne la tâche difficile de cette mission, tant sur le plan humanitaire que pour l’approvisionnement des hélicoptères en carburant. Le commandant Aviation souligne avoir dû mouiller à huit nautiques car les infrastructures de Maputo avaient été détruites par le cyclone. Le gouvernement mozambicain ayant fait appel à l’aide internationale, l’arrivée d’avions gros porteurs du monde entier soulagea la mission de secours. Plus de 200 personnes ont pu être hélitreuillées et 50 tonnes de fret ont été transportées par 130 missions d’hélicoptères.

Il faut préciser que l’expérience du cyclone Mitch l’année passée avait fait embarquer de manière préventive du fret humanitaire à bord de la Jeanne.
- Quelques jours plus tard, en escale à Antsiranana, touchée à la fois par une épidémie de choléra et par le cyclone Eline, la Jeanne débarquera le reste de l’aide humanitaire dans le cadre de l’opération «Mangoro».
- En avril la Jeanne retrouve l’escadre de la Méditerranée, croise au large de Toulon et rencontre, pour la dernière fois, le PA Foch.
Trente-septième campagne 2000/ 2001 :
Durant l’entretien de l’été 2000, les deux tourelles de 100 mm situées sur la plage arrière sont déposées et non remplacées. Ce retrait donne à la Jeanne une physionomie totalement métamorphosée qui n’apparaît pas forcément meilleure !
Pour la première campagne du XXIème siècle, La Jeanne va effectuer son neuvième tour du monde qui sera aussi le dernier. Ce sera également sa dernière visite en Polynésie et en Nouvelle Calédonie.

Pour sa trente-sixième campagne, la Jeanne d’Arc, toujours accompagnée par la frégate Georges Leygues, quitte Brest le 24 novembre 2000 pour 173 jours de mer et 16 escales : Punta Delgada, Carthagene, Balboa, San Diego, Nuku Hiva, Papeete, Nouméa, Wellington, Sydney, Guam, Shanghai, Singapour (conserve), Port Keland, Cochin, Djibouti, Djeddah, Cadix et retour à Brest le 15 mai 2001. Elle embarquera 2 hélicoptères Alouette III de la 22 S, 2 hélicoptères Puma de l’aviation et 2 hélicoptères Gazelle du 5ème RHC.
A signaler :
- En rupture avec les habitudes des années précédentes, aucun incident climatique, sismique ou politique ne vient perturber le parcours des deux bâtiments. Ceci étant dit, cela n’évite pas un départ assez mouvementé puisque, dès le 25 novembre, une solide tempête aux Açores va durement bousculer navires et équipages. Le vent atteint 70 nœuds et la mer est de force 7 à 8. Les nouveaux embarqués apprennent très vite ce qu’est la vie de marins.

- Le 29 novembre les autorités portugaises des Açores n’autorisent pas l’accostage de la Jeanne qui fera un «posé décollé» comme on dit dans l’aéronautique. Le groupe école repart pour douze jours supplémentaires de mer en direction de Carthagene.
- Le 17 décembre, la Jeanne fête son trentième passage du canal de Panama.
- A Port Keland, le commandant accueille à bord le roi de Malaisie, Salahuddin Abdul Aziz Shah.
- Depuis la féminisation de l’école navale en 1993, il y a chaque année un peu plus d’élèves féminins. De ce fait, et pour la première fois dans l’histoire de la Jeanne d’Arc, deux officiers élèves se marient au cours de la campagne, à Nouméa où réside la famille du marié.