Quarante-quatrième campagne 2007/2008 :
Le 28 août 2007, le CV Gilles Tillette de Mautort passe le commandement de la Jeanne au CV Hervé Bléjean.
C’est 15 décembre 2007 que le groupe école, toujours composé de la Jeanne et du Georges Leygues, quitte Brest pour une campagne de 172 jours et 12 escales : New York, Fort-de-France, Port of Spain, Rio de Janeiro, Luanda, Le Cap, Mayotte, Antsiranana, Djibouti, Barcelone, Casablanca, Rouen et retour à Brest le 4 juin 2008.

A signaler :
On peut dire que cette campagne se déroule comme prévu jusqu’au 4 avril 2008, date à laquelle la Jeanne se trouve en escale à Antsiranana.
A cette date, un trois-mâts luxueux de 88 mètres, le Ponant, revient d’une croisière aux Seychelles et croise dans le golfe d’Aden. Ce voilier navigue tous feux éteints et AIS (Automatic Identification system) coupé car le commandant, Patrick Marchessseau, sait qu’il se trouve dans une zone d’action des pirates somaliens. Cela ne suffit pas car, à 11h15, le bateau est pris d’assaut à l’entrée du golfe d’Aden par une douzaine de pirates somaliens bien équipés en armement (fusils, lance-roquettes). Le commandant a le temps de diffuser un message d’alerte de sûreté avant que le navire ne soit maîtrisé par les pirates. Le message est reçu par le Var qui patrouille dans la zone. Le 6 avril une réunion de crise se tient à l’Élysée en compagnie du président de la République Nicolas Sarkozy, du chef d’État Major et d’autres responsables. Le premier ministre François Fillon déclenche l’alerte «Pirate-Mer». L’aviso Commandant Bouan, qui navigue à quelques centaines de milles du Ponant, est dérouté sur zone et restera à proximité du bateau durant tout le déroulement des opérations. La Jeanne reçoit l’ordre de rejoindre la zone de piraterie, ce qu’elle fait à l’allure maximale. Dix-huit hommes des forces spéciales de la marine (commando Hubert) rejoignent le Var tandis que des membres du GIGN sont largués en mer pour diriger les opérations depuis le navire Var. La frégate Jean Bart transportant d’autres commandos rejoint le lieu de piratage. Dès le 6 avril des négociations sont entamées entre l’armateur et les preneurs d’otages.

Le 11 avril, l’opération militaire de libération des 30 otages prend le nom de «Thalathine» («trente » en somalien). Après versement de la rançon (2,5 millions de dollars), les otages sont libérés. Six hélicoptères sont alors mis en œuvre depuis la Jeanne et le Jean Bart afin de poursuivre et neutraliser les pirates. C’est un Atlantique II, équipé de moyens de reconnaissance sophistiqués, qui arrive à identifier un de leurs 4X4. Les pirates sont arrêtés sur le territoire somalien et conduits à bord des navires. Une partie de la rançon est récupérée. L’un des pirates a été blessé par un tireur d’élite qui a explosé le moteur du 4X4 en un seul tir. Le pirate blessé sera opéré sous anesthésie générale à bord de la Jeanne.
Les otages, embarqués à bord de la Jeanne, sont débarqués à Djibouti (base aérienne 188) et rapatriés en France le 14 avril tandis que les pirates capturés sont transférés sur le Jean Bart et ramenés en France pour y être jugés.
Ce piratage impose l’annulation de l’escale d’Alexandrie car une mission de formation est prévue en Méditerranée.
Quarante-cinquième campagne 2008/2009 :
A signaler:
C’est désormais officiel, le porte- hélicoptères et navire école Jeanne d’Arc n’effectuera pas plus de 45 campagnes.
Pour cette avant-dernière campagne, le groupe école, toujours composé de la Jeanne et du Georges Leygues, quitte Brest le 9 décembre 2009 pour une campagne de 148 jours et 10 escales : Tunis, Djibouti, Abu Dhabi, Cochin, Singapour, Jakarta, Port- Louis (conserve), la Réunion, Aqaba, Civitavecchia, Lisbonne et retour à Brest le 5 mai 2009.

- A l’opposé des exercices bien connus, une grande nouveauté va apparaître pour cette campagne. Chaque poste d’OE doit réaliser, au cours d’une escale, un projet culturel, caritatif ou écologique afin d’ouvrir les jeunes officiers sur le monde civil et sur des cultures différentes. Ainsi certains vont s’occuper d’orphelins à Cochin, tandis que d’autres iront dans les plantations de thé en Malaisie.

- Sur le trajet vers Aqaba, le groupe école vient en aide au cargo panaméen Sibley qui est victime d’un feu et d’une voie d’eau. A l’arrivée sur place, la gîte du cargo est évaluée à 40°. Les 39 marins, majoritairement indonésiens, sont sauvés par le Georges Leygues puis embarqués à bord du porte-hélicoptères pour être débarqués par Puma six jours plus tard à Djibouti.

-Cette campagne est également la dernière de la Jeanne en Asie mais également à la Réunion qui fête cette dernière en compagnie de nombreux pêcheurs et plaisanciers longeant les côtes de l’île pour un ultime adieu.

