Pèlerinage Vannes 2022

Pélerinages

Compte rendu du rassemblement à Vannes du 8 au 11 septembre 2022

Par Lionel Fromage

Après une bonne nuit, les troupes apparurent en pleine forme pour cette belle journée en perspective. Le matin même, vers 8 h 30, après avoir pris le pouls avec ses autres collègues, René, des sinagots, m’appela pour me faire part du maintien de la sortie. Ce fut un soulagement, bien qu’une solution de remplacement avait été mise en place avec la visite du musée de l’aéronautique à Monterblanc. Le groupe de 25 que nous formions attendait le car qui devait nous conduire à Port-Anna, lieu du rendez-vous. Nous partîmes de l’espace Montcalm pour un embarquement prévu vers 9h, avec des vêtements adaptés.

Nos «guides des mers» nous attendaient pour la prise des gilets de sauvetage mais aussi pour nous indiquer notre Sinagot. 11 personnes embarquèrent sur le «Joli-Vent» (vert), 7 sur le «Trois-Frères» et 7 autres sur le «Mab Er Quip». Mais, avant de prendre la direction du golfe, un peu d’histoire du Sinagot nous fut donné. Les Sinagots sont des bateaux de type chaloupe, avec un gréement au tiers, une coque noire et des voiles ocre rouge. Ils furent utilisés jusqu’en 1964 par les pêcheurs de Séné, pour la drague des huîtres et la pêche côtière dans le golfe du Morbihan et en baie de Quiberon.

A l’origine, dans la première moitié du XIX ème siècle, les Sinagots n’avaient qu’un seul mât et une seule voile carrée (en bannière) amurant sur le côté. Les sinagots à deux mâts furent construits à partir de 1857 et jusqu’en 1914 par le chantier Martin de Kerdavid en Séné, ensuite par le chantier Querrien au Bono de 1919 à 1943, ce qui représente au total 652 unités construites. Ces bateaux rapides formaient une flottille qui connut son apogée dans les années 1910 où elle compta plus de 150 unités. Chaque année, une partie de ces bateaux participait à des régates dans le golfe. C’est à partir de 1947 qu’ils furent équipés de moteurs. La coque semble n’avoir qu’un enduit goudronné noir (coaltar). Ainsi tous les sinagots ont une coque noire mais se distinguent par la couleur de leur pavois. Ce type de navire est non ponté (juste un petit pont d’étrave), la poupe inclinée en arrière et pointue, sans quille et avec un faible tirant d’eau. La longueur varie de 10 à 12 mètres pour 5 à 6 tonnes et un équipage de 2 matelots qui, fait rare à l’époque, se composait aussi de femmes.

Les équipages formés, nous embarquons à bord des différents canots pour rejoindre nos bâtiments respectifs, vert, bleu et rouge. Le ravitaillement pour le déjeuner est réparti sur 2 sinagots, l’un avec les sandwichs et l’autre avec les boissons.

Quand tout le monde est à bord, nous larguons les amarres en direction du golfe, au moteur avant de hisser les voiles avec l’aide de Cédric Nicolas et d’Yves Lanéry. Un rituel s’impose lors du passage devant la statue blanche du «Moine» se trouvant sur un îlot. Quel rituel ?

Le salut avec un verre de vin blanc après avoir écouté une légende. Les voiles se gonflent bien; nous voilà en navigation dans les flots du golfe. Changement de direction, tirer de bord ( faire route au près alternativement sur chaque amure, en effectuant des virements de bord, pour se rendre vers un point situé au vent ; synonyme de « louvoyer»). Nous apprécions cette navigation mais, en fin de matinée

, un grain vient gâcher un peu la fête. Le temps de prendre son imperméable … et le grain est passé.

L’heure du déjeuner approche, chaque Sinagot se dirige vers l’endroit choisi par les chefs de bord. Mais «Joli-Vent» ne bouge pas, impossible de le déplacer car nous sommes sur un banc de sable. René fait affaler les voilures. L’aussière de notre embarcation s’est prise dans l’hélice. Après réparation, remise de notre remorque sur tribord, le moteur est remis en marche mais rien, on ne soulève que du sable, la barre est bloquée … Un pêcheur se trouvant dans nos parages arrive avec son embarcation pour nous donner un coup de main ; amarre passée, il tire sur l’arrière puis sur les côtés mais rien ne bouge. Si on n’arrive pas à se désensabler, il faudra attendre la marée, dans 2 heures ah ah ah … Comme provision nous avons le liquide, mais pas le solide qui se trouve sur un autre Sinagot. Après divers échanges téléphoniques entre patrons, on va nous apporter 11 sandwichs en échange d’une partie de notre liquide. Pendant tout cela, la manœuvre de désensablement continue et, au bout d’un certain temps, on bouge ! Plus besoin des sandwichs ! Ouf! Durant cette manœuvre, ma casquette «Anciens de la Jeanne d’Arc» est partie à l’eau. Enfin nous rejoignons nos amis pour le pique-nique sur l’île de Berder …

il faut relever nos pantalons jusqu’aux genoux car, à marée basse, c’est le bain de pied. Après s’être restaurés, certains s’octroient un petit moment de sieste tandis que d’autres partent déambuler sur le sable. Arrive l’heure de reprendre nos équipements pour le retour.

Les équipages étant au complet, nous appareillons pour la continuation de notre navigation par des voies différentes avant le retour sur la terre ferme. Invités par René, Yves, Cédric et moi-même prenons la barre de notre Sinagot. C’est un superbe moment. Vers 16h30, direction Port-Anna pour l’amarrage. Le moteur est mis en route, les voiles sont descendues et mises correctement sur leur support, le mât. Chaque Sinagot emmène les anciens de la Jeanne à quai avec son canot. Etant en avance sur l’horaire prévu pour le retour en car, après avoir rendu nos brassières, nous allons prendre un pot dans le bar d’à côté. Les équipages ayant terminé leur travail, nous les invitons à nous rejoindre pour les remercier de cette fabuleuse sortie.

Vers 18h30, le car arrive pour nous ramener à l’espace Montcalm, lieu de notre résidence. Pour finir en beauté cette journée, nous irons dîner au «Valencia» dans le Vieux Vannes

Samedi 10 septembre 2022, à l’issue d’un agréable repas pris au « RELAIS DE LA RÉSISTANCE », les 28 anciens marins et sympathisants se sont dirigés aux alentours de 15h30 au musée de la résistance de Saint-Marcel. A notre arrivée, nous étions pris en charge par une guide pour commenter notre périple au cœur de la résistance de la seconde guerre mondiale.

Mais, avant de continuer voici une information sur Saint-Marcel : 8 juin 1944 : quatre ans après l’appel lancé depuis Londres par le général de Gaulle, la bataille de Saint-Marcel s’engage. 150 parachutistes SAS de la France Libre et 2000 résistants bretons tiennent en échec des troupes allemandes aguerries. Située à une vingtaine de kilomètres de Ploërmel et à 30 minutes de Vannes, la commune de Saint-Marcel reste un des hauts-lieux de la Résistance française. Aux premiers jours du mois de juin 1944, la Résistance s’est organisée.

Dans le Morbihan, les différents mouvements sont maintenant unifiés. Dans le cadre de l’opération Overlord, les Alliés cherchent par tous les moyens possibles à ralentir l’envoi de renforts allemands vers les plages du débarquement. Il faut des hommes et des femmes pour remplir cette mission. La Bretagne ne manque pas de volontaires. À La Nouette se trouve un terrain de parachutage secret, la « Drop Zone Baleine » officiellement homologuée. C’est là, dans la ferme, que le poste de commandement de la Résistance morbihannaise va s’installer. Le camp de Saint-Marcel devient alors un centre mobilisateur sans équivalent, un îlot de liberté baptisé la « Petite France » où convergent près de 2000 hommes et femmes. Abrités et ravitaillés par les habitants du territoire, ils prennent les armes et comptent bien tenir tête à l’occupant et prendre part à la Libération.

Après avoir vu se former l’un des plus grands maquis, Saint-Marcel sera le théâtre, le 18 juin 1944, d’un combat mémorable de l’histoire de la Bretagne. Implanté sur les lieux mêmes des combats qui ont marqué les mémoires, le musée de la Résistance en Bretagne a été entièrement modernisé après 20 mois de travaux. Il présente la vie quotidienne d’hommes et de femmes sous l’occupation et l’engagement de ces Bretons dans l’armée des Ombres. Au sein d’une scénographie entièrement renouvelée, ce sont près de 1000 objets, parmi 12 000 conservés avec soin, qui incarnent et perpétuent cette mémoire. Les 1000 m² d’exposition s’articulent autour d’un vaste patio marqué d’une immense de croix de Lorraine. Au fil du parcours, les objets de collection : armes, véhicules, mais aussi tunique et veste de déporté, objets du quotidien… ont été soigneusement choisis pour l’émotion ou l’Histoire qu’ils véhiculent. Ces objets racontent tous une histoire, celle d’hommes et de femmes entrés en lutte contre les troupes d’occupation, mais surtout contre une idéologie : le nazisme. Les nombreux contenus interactifs et multimédia et les reconstitutions grandeur nature (rue sous l’occupation, l’intérieur d’un blockhaus…) vous plongent au cœur même de la Seconde Guerre mondiale. Au moment où les derniers acteurs et témoins de cette époque disparaissent, il nous semble essentiel que l’humain soit au cœur du parcours de la visite afin de faire perdurer la mémoire.

Nous suivons attentivement le chemin de notre guide à travers les différentes salles où sont exposés vêtements, armes, cartes, véhicules…quelques questions sont posées mais nos anciens sont très occupés par les objets exposés. Notre guide nous ayant fait une présentation globale de cette nouvelle implantation il nous laisse déambuler dans ce nouveau musée. Après une photo de groupe devant d’anciens véhicules, nous nous dirigeons vers l’accueil où l’on peut acheter quelques souvenirs. Après un rafraîchissement, l’heure du départ a sonné, direction Vannes puis, demain, fin de ce rassemblement 2022