Les recettes de Tante Jeanne : La conserve est-elle une mise en boîte ?

Mourir de faim- 45-2

Par Jean-Michel Bergougniou

La conserve étant l’art de conserver des aliments dans une boîte métallique, je me suis souvent posé la question de savoir si la Jeanne d’Arc et ses bateaux accompagnateurs étaient des boîtes métalliques. A priori selon la littérature, je peux répondre oui surtout pour l’accompagnateur.

Pour aller de conserve, il est préférable d’aller dans la même direction sur un même itinéraire. Chacun peut ainsi servir — secourir — l’autre navire.

Cela ne veut pas dire qu’en cas de pénurie, de disette, on ouvrira la conserve pour se sustenter. Le commissaire ne doit donc pas prévoir un ouvre-boîte conséquent.

Des marins, des explorateurs ayant eu tous des conserves ont quand même fini dévorés, savourés sur des côtes lointaines par quelques indigènes anthropophages… Ayons une pensée pour James Cook ou Marc-Joseph Marion Dufresne ! A ma connaissance, aucun incident de ce genre ne semble s’être produit lors des campagnes de formation de nos marins même lors de stages de survie, une bonne chose.

Mais peut-être est-ce en raison des risques d’intoxication alimentaire ?

Les archives de la maison Hénaff (vous savez le pâté du mataf) nous apprennent que la première commande officielle du commissaire de la Marine Nationale date du 18 mai 1920. Peut-être que, si toutes les boîtes consommées avaient été conservées, aurions-nous eu assez de matière première pour mettre en chantier une nouvelle Jeanne d’Arc ? Vive le recyclage.

Mais venons-en à Nicolas Appert qui invente en 1795 le procédé d’appertisation qui rend possible la mise en conserve, dans des contenants hermétiques, de produits en les stérilisant par la chaleur. Ses essais connaissent un vif succès auprès des amiraux, et, pour fournir la Marine française, il crée en 1802 la première usine de conserves au monde, à Massy. Plus soucieux de faire connaître son procédé que de s’enrichir, Appert renonce à déposer un brevet, mais il reçoit un prix du gouvernement pour divulguer sa découverte. Son invention est alors reprise par les Britanniques (bizarre, bizarre), qui honorent seulement l’inventeur du titre de « bienfaiteur de l’humanité ».

Mais le déclin de la marine impériale et la concurrence finissent par ruiner Appert qui meurt dans le dénuement à quatre-vingt-onze ans.

Nicolas Appert avait entrevu lui-même les conséquences considérables de sa découverte :

« Suppression des saisons », suppression des distances entre le consommateur et les lieux de production, ravitaillement des marins en mer, etc.  Il résultera de cette méthode, une branche nouvelle d’industrie relative aux productions de la France, par l’exportation et l’importation dans l’intérieur et à l’étranger des denrées dont la nature a favorisé les différents pays. » L’industrie de la conserve réalise aujourd’hui dans le monde entier les prévisions de Nicolas Appert. Plus de 15 millions de tonnes de produits alimentaires sont chaque année conservés dans le monde suivant la méthode inventée par Appert.

La recette du jour – Pièce de bœuf en croûte d’amande

Les légumes

Préchauffez le four à 220°C en chaleur tournante.  Pendant ce temps, épluchez les carottes et les pommes de terre.  Coupez les carottes, les courgettes et les pommes de terre en morceaux. Déposez-les dans un plat allant au four. Versez un filet d’huile d’olive, salez, poivrez. Ajoutez le bouquet garni et un fond d’eau. Enfournez 10 min environ. Pendant ce temps, préparez la croûte d’amandes et le rôti.

La croûte d’amandes

Passez le beurre au micro-ondes 5 à 10 sec pour le faire fondre. Pressez ou hachez l’ail. Dans le bol d’un mixeur, déposez les amandes. Mixez jusqu’à obtenir une poudre. Dans un bol, mélangez le beurre, l’ail et les amandes mixées. Salez, poivrez.

Le rôti de boeuf

Salez et poivrez le rôti de bœuf. Au bout des 10 mn de cuisson des légumes, déposez le rôti de bœuf dans le plat avec les légumes. Recouvrez le rôti avec la croûte d’amandes et enfournez à nouveau 20 mn environ.