par Jean-Michel Bergougniou

La Marine quitte son hôtel parisien, pour rejoindre l’hexagone… Le militaire a perdu sa tenue, le civil y a gagné un jean et un polo. Mais Tante Jeanne, elle, voit toujours ses marins le sac sur le dos, la valise à la main, allant d’affectations en permutations, de la rue Royale au Mourillon, de Landi à Hao…
Reconnaissons qu’un marin est toujours très affecté par une nouvelle affectation. Et même si la Marine prévoit, anticipe et organise, l’affaire n’est pas forcément dans le sac.
Aller n’importe quand, n’importe où pour n’importe quoi a généré à l’État-major de la Marine des jours de réflexions et de réunions et au Commissariat de la même Marine des nuits d’insomnies loin du hamac et de ses araignées.
Un marin c’est bleu en hiver, blanc en été et rouge sur le haut du bonnet…

Il dispose d’un sac en toile forte et d’une valise en acier laqué noir à l’ancre de marine avec poignée en cuir ou en plastique, à clé, à cadenas, à code… Le sac, rond, a un mètre de hauteur, 400 mm de diamètre soit 20 mm de plus que les 380 du Richelieu ou du Jean Bart. Le tour de cou du sac est orné d’œillets métalliques pour y passer une poignée amovible et un cadenas.

Un marin est un saisonnier qui s’ignore… et qui varie en couleur en fonction d’une affectation à Brest, Toulon ou Mururoa et des changements du ciel du gris au bleu.
Nourri, logé, vêtu, il a bien entendu pour se vêtir un caban – bonnet n°1 – bonnet n° 2- une vareuse en drap bleu n°1 – une vareuse en drap bleu n°2 – un pantalon en drap bleu n°1- un pantalon drap bleu n°2 – 2 pantalons gris-bleu – 2 vareuses gris-bleu – 2 jerseys – 2 cols – 2 tricots rayés – 2 cravates – 3 ou 4 paires de chaussettes en laine – 2 shorts gris bleu – chaussures hautes, noires n° 1 et n°2 – chaussures de travail- sandales en toile pour le sport – serviettes (3 ou 4) – gamelle, quart et couverts- brosse à laver – brosse à chaussures- peigne – plaque à matriculer- 2 ceintures- chaine et numéro matricule – 4 mouchoirs – 3 caleçons – et dans les temps anciens un slip de bain en laine, bleu unitaille très absorbant. Une fois mouillées, les mailles extensibles laissaient apprécier les oeuvres vives du matelot…

Pour les pays chauds il y avait bien entendu
– coiffes blanches (2) – vareuse blanche (2) – chaussettes blanches – cols blancs – pantalon blanc (2) –
La valise servait à transporter les affaires dites nobles :

les sous-vêtement, les bonnets, les serviettes et les chaussettes – un pantalon et une vareuse – le nécessaire de toilette, les papiers, les photos et le reste…
Voila donc dans un minimum de place un maximum de choses… Enfin prêt pour l’inspection du sac…. sans avoir, bien entendu, oublier d’emprunter la brosse à dent d’un de ses camarades pour matriculer ses effets….

…Merci aux anciens des arpètes pour ces souvenirs.
