Ecrit par Jean-Michel Bergougniou
Ne voyez dans ce titre aucun irrespect envers notre président bien-aimé mais plutôt un éloge à la gastronomie fromagère et marine, et à l’humour (involontaire ?) d’un commissaire, d’un commis aux vivres ou d’un shipchandler.
» Adieu cher camarade », couplet bien connu sur les bords, affirmait péremptoirement qu’on ne mangeait que des briques, qu’on ne buvait que de l’eau… Les refrains semblaient oublier le « cambusard » qui était loin d’avoir le degré d’alcool de l’eau. et la table du commandant.
La marine est connue pour la qualité de ses repas et les capacités de ses « motels » qui arment nombre de ministères ou d’ambassades, voire même certains palais…
A l’escale, c’était toujours un plaisir de voir les vivres arriver, un plaisir moindre pour ceux de corvée qui devaient stocker dans le ventre de la Jeanne, l’eau, le lait, les salades, la viande, le poisson, la farine, le riz, le fromage râpé, les conserves, le pâté du mataf, les fruits, le café… la
liste est longue.
Que dire des buffets d’arrivée en escale… Deux jours de préparation en cuisine, petits fours, pâtisseries, crêpes, sans oublier les plateaux de fromages …
Ceci aurait pu être le poisson d’avril 2010. Nous sommes à New-York le 1er avril. Les vivres sont livrés à bord avec, ô! surprise, du camembert « made in USA » portant le doux nom de « Joan d’Arc ». La laiterie, installée dans le Wisconsin depuis 1975, commercialise sous ce nom du brie et du camembert et en fait livrer 300 boîtes à bord.
Autant dire que la lutte fut sévère pour en conserver une étiquette! On dit même que des négociations eurent lieu pour servir ce camembert aux couleurs de la Jeanne durant les escales.
Pour entretenir le rêve et les senteurs, voici un menu de « pacha » servi lors de la dernière campagne de la Jeanne.

