Escapade à Saint-Malo et ses alentours
par Lionel Fromage
Le projet Saint-Malo, mis en place à partir d’octobre 2013, a vu sa réalisation du vendredi 20 juin au dimanche 22 juin 2014. Durant ces trois jours festifs et studieux, le temps fut particulièrement agréable. Ont participé à ce week-end dans la cité corsaire : Yves et Liliane Lanéry – Jean-Michel et Rosine Viviani – Pierre et Chris Troté – Jean et Nicole Galliou – Jean-Claude et Yvette Lambert – Jean-Jacques et Nadine Dujardin – Andrée Capoulade – Nicole Capoulade – Pierrette Ruthon – Raymond Wellebrouck – Eric Varin – Jean-Marc Pelloux – Michel Menguy (seulement le samedi) – Madame Duffourg (seulement le samedi) – Lionel et Lotti Fromage
Vendredi 20 juin
Les premiers « touristes Jeanne d’Arc » pointèrent leur nez en milieu de journée à l’hôtel Bristol-Union, intra-muros. Après avoir pris possession de leurs chambres, ils sont allés prendre un « pot d’accueil » au bar « La Java », bar à connaître pour son étonnante décoration de divers objets (poupées, bancs de prière, balançoires, etc.).

Le groupe met ensuite le cap vers une crêperie du centre de la ville afin de réserver les places. Tous les restaurants sont complets malgré le match de la coupe du monde de football entre la France et la Suisse. Notre temps d’attente déclaré pour déguster une excellente crêpe ou galette est d’une bonne heure. Nous réservons donc nos places puis partons flâner pour combler le temps d’attente.
L’heure passée, le groupe revient et prend place pour la dégustation. Durant le repas, nous entendons des hourrah, des bruits de trompes, des cris de joie, à chaque but, devinez de qui ? de la France.
Après l’agréable restauration, nous rentrons au bercail car un programme parfaitement établi nous attend le lendemain.
Samedi 21 juin – Visite des remparts, de la cathédrale et du musée –
Après une nuit de repos, bien méritée, nous nous retrouvons à 09 heures 30 devant l’hôtel – Il fait frais mais le temps s’annonce splendide.
Le guide, pour cette journée pédestre et historique, n’est autre que notre ami Jean-Michel Bergougniou, de la seigneurie de Tinténiac. Eh oui ! Afin de bien nous imprégner de la vie sociétale malouine, notre ami Jean-Michel nous avait établi et fait parvenir un recueil intitulé : « Saint-Malo, du rocher au rempart » (Vous trouverez l’introduction dans cette Jeannelettre). Nous fûmes tous épatés par les connaissances historiques de Jean-Michel mais aussi par sa manière très personnelle et efficace de nous conter son savoir. Après une longue promenade sur les remparts, promenade riche en anecdotes, nous partons prendre un verre au « bar de l’univers », dont la décoration originale est à voir. Il est midi quand Jean-Jacques et Nadine Dujardin, en provenance de Rouen, nous rejoignent.

Bien évidemment nous parlons de la matinée et des commentaires historiques racontés par Jean-Michel puis nous allons déjeuner au restaurant « Les chiens du Guet » au bas des remparts.

Le repas est simple mais animé, avec la présence d’une dizaine de demoiselles fêtant l’enterrement de la vie de jeune fille d’une des leurs.
Une partie de l’après-midi était consacrée à la visite de la cathédrale de Saint-Malo, mais un office funéraire nous a enlevé cette possibilité.

C’est alors que nous nous sommes dirigés vers le musée de Saint-Malo. Là encore notre régional de l’étape, Jean-Michel, va donner de la voix : « Oyez, Oyez, braves gens, écoutez-moi !!! »
Ce fut une journée riche en commentaires grâce à l’excellente prestation de notre ami Jean-Michel. Bravo Monsieur !!! La Classe…
Le soir, après le repas, au lieu d’aller nous reposer, nous parcourons les rues animées de la cité car c’est la fête de la musique. A minuit trente, plus de sons et plus d’images !!!
Dimanche 22 juin 2014
Ce jour est la grande journée en car touristique sous un ciel d’azur. Au programme, la visite des Bas-Sablons et de la cité d’Alet, la tour Solidor, le barrage de la Rance, la Richardais pour un embarquement sur le « Chateaubriand » pour un déjeuner croisière de 3 h sur la Rance. Ce sera ensuite la poursuite de la promenade :

Saint-Benoît des Ondes, Cancale, La Houle, la pointe du Grouin, l’Anse du Guesclin, Saint-Malo, Rothéneuf puis retour à Saint-Malo.
Il est 08 heures 45 quand le groupe se retrouve au point de rendez-vous, près du palais du Grand Large, où le car de la société « Bellier » nous attend ainsi que Jean-Claude Lambert et son épouse.
Nous partons pour 9h00 et nous nous dirigeons par des rues étroites vers Saint-Servan puis faisons une halte à la cité d’Alet, où notre guide Jean-Michel, toujours à l’aise dans cet exercice, nous fait un exposé sur ce lieu occupé par les Allemands durant la seconde guerre mondiale. De là, nous poussons jusqu’à la tour Solidor.

Après vingt minutes de trajet, avec la traversée du barrage de la Rance, nous arrivons au point de rendez-vous où notre ami, pilote de la flotte, Paul Raux et son épouse nous rejoignent. (Faisant partie du comité de direction des Régates ayant lieu ce week-end, Paul n’a pas pu se libérer totalement pour cette journée du samedi).
Après avoir accompli les formalités administratives (règlement du solde puis récupération des cartes d’accès), nous embarquons en file indienne pour être placés à l’avant du bateau, d’où nous pourrons admirer le paysage se dévoilant à nos yeux, avec la possibilité de prendre l’air du large sur le pont avant. A midi les amarres sont larguées et un membre de l’équipage nous rappelle les règles de sécurité élémentaires en cas d’évacuation (souvenirs, souvenirs…).

Durant la navigation sans roulis ni tangage, nous croisons les régatiers en pleine manœuvre ou se détendant sur le pont. C’est un joli spectacle que de voir les bateaux avec leurs voilures… Les appareils photographiques s’en donnent à cœur joie.
L’heure du déjeuner approche, voici le détail du menu croisière choisi, « Le Châtelier » :
Kir Chateaubriand, rillettes de poisson à la crème d’aneth, noix de jambon rôti à l’ananas et crumble aux fruits de saison, le tout accompagné de vins blanc et rouge, eau et café. Ce fut parfait.
Durant le repas, nous pouvons apercevoir les vestiges d’un camp viking, de jolis domaines, et tout un nombre de choses trop longues à expliquer dans cette Jeannelettre, le tout avec les commentaires du commandant de bord, sans oublier ceux de Jean-Michel.

Vers 15 heures, c’est le retour à quai pour reprendre la route pour l’itinéraire déjà mentionné.
Ce fut une journée exceptionnelle qui restera riche en souvenirs.
Bien évidemment, pour finir en beauté cette belle et dernière journée de rassemblement, l’ensemble du groupe (sans Jean-Michel Bergougniou qui a regagné son domaine à Tintiniac) s’est retrouvé pour dîner dans un restaurant ; le brouhaha que nous y avons fait révélait le grand plaisir de s’être retrouvé dans cette cité corsaire.
Lundi 23 juin 2014 :
Ce week-end malouin étant terminé, tout le monde reprend la direction de sa ville sauf certains qui ont décidé de prolonger d’un ou deux jours leur séjour.
Avant de clore cette rétrospective, je tiens à saluer au nom de tous et de toutes, Jean-Michel Bergougniou, grâce à qui j’ai pu monter ce dossier Saint-Malo. Jean-Michel m’a donné un sacré coup de main pour ce pèlerinage. Ses connaissances historiques nous ont laissés bouche bée. Bravo et merci à lui pour son entière collaboration.
Maintenant, il va me falloir plancher sur le projet 2015, dont certaines propositions m’ont été données par Jean-Michel, voire par Yves. Ce projet pourrait être Cherbourg ou Rochefort avec une descente sur Bordeaux….
Merci encore à tous ceux qui ont participé à ce pèlerinage malouin.
Ceux qui ont pu se rendre à Saint-Malo les 20, 21 et 22 juin, ont pu profiter des solides connaissances de Jean-Michel. Laissons-le nous conter les bases de l’historique de cette cité corsaire.
Saint-Malo : du rocher au rempart par Jean-Michel Bergougniou.
Semper Fidelis
On parle souvent de la devise de Saint-Malo, officiellement il n’y en a qu’une : «Semper Fidelis », soit « Toujours fidèle », mais la légende, la rue de la soif et les Malouins enjolivent l’histoire.
La République de Saint-Malo est une brève période de l’histoire de Saint-Malo, pendant laquelle cette cité fut une micronation. L’indépendance a été proclamée vis-à-vis de la couronne de France le 11 mars 1590 dans une époque de grande prospérité liée aux grandes découvertes et de guerres civiles ayant fortement affaibli le pouvoir central. Cette indépendance durera jusqu’en 1594. C’est probablement à cette République que l’on doit les devises officieuses de la ville, « Ni français, ni breton, malouin suis. » et la plus répandue « Malouin d’abord, Breton ensuite… et Français s’il en reste ».
Bref historique
La cité, fondée par le moine éponyme au 6e siècle, est édifiée sur l´île d´Aaron. Refuge durant les invasions normandes au 10e siècle, Saint-Malo-de-l’Isle devient une ville épiscopale au 12e siècle, et une première enceinte urbaine est construite à la demande de l’évêque Jean de Chatillon.
Durant la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1365), la cité épouse le parti français. Au 15e siècle, les Ducs de Bretagne surveillent la ville depuis le château : le Grand Donjon appuyé contre l´enceinte, remanié un siècle plus tôt et la tour Solidor à Saint-Servan. République indépendante durant la Ligue (1588-1598), la cité en conservera la devise : « Ni français, ni breton, malouin suis ».
A la fin du 17e siècle, alors que la Bretagne connaît la fin de son âge d´or, Saint-Malo est à la fois la « cité corsaire » (tout comme Dunkerque) et la « marchande ».
Le commerce de la mer a fait la richesse de la ville. Saint-Malo est le seul port pour les navires de fort tonnage entre Brest et Le Havre (Cherbourg n´existe pas encore). C´est le premier port breton devant Nantes et Morlaix. Le port, mais surtout les armateurs de Saint-Malo sont en effet au coeur du trafic maritime international : pêche de la morue à Terre-Neuve où se mêlent des activités corsaires – il n´est pas rare que les navires de pêche ramènent des prises de taille ! -; vente de la morue dans les pays ibériques et en Méditerranée ; commerce avec le Nouveau Monde via Cadix en Espagne (pacotilles contre métaux précieux et produits exotiques) ; cabotage : achats de marchandises (vin blanc de Nantes ou rouge de Bordeaux, huile d´olive, fruits frais ou secs, savon, laines, fers, alun, teintures)… qui seront revendues à bon prix dans les ports d´Europe du Nord; enfin, commerce particulièrement lucratif des bonnes toiles bretonnes et normandes de lin ou de chanvre.
Durant la ligue d´Augsbourg (1689-1697), la cité corsaire, si chère au royaume parce que si riche, devenue frontière face à l´Angleterre, est menacée par les descentes anglo-hollandaises. En effet, les opérations navales vont se révéler déterminantes face à des puissances maritimes, les Provinces-Unies de Guillaume d´Orange et l´Angleterre, désormais alliés contre Louis XIV. Fin mars, début avril 1689, Vauban établit (en une semaine !) un plan général de défense de Saint-Malo qui s´étend du Cap Fréhel à l´ouest, à Cancale à l’est.