
Durant la campagne 1972/73, la Jeanne a fait escale en Amérique du Sud. Ah, l’Amérique du Sud !
Après Rio du 1er au 7 décembre 1972, ce fut l’escale à Buenos Aires, ville où la société « Loréal » est (était?) bien implantée. En l’honneur de notre visite, la société avait fait confectionner des affiches souhaitant la bienvenue aux marins français. Les commerçants de la ville arboraient avec plaisir ces belles affiches. Suite à cette publicité, il est inutile de vous décrire l’accueil reçu par les cols bleus et pompons rouges, sans oublier les casquettes !
Le second jour de l’escale, un déjeuner était offert aux marins volontaires par la Société L’Oréal. Ayant participé à ce repas, je peux affirmer que l’ambiance était à la fête.
De retour à bord en fin d’après-midi, je fus arrêté par le gradé de service qui me demanda si je pouvais faire visiter le bord à un couple d’Argentins parlant parfaitement le français. Ne voyant aucun inconvénient à cette demande, j’acceptai volontiers de servir de guide, ce que je fis du mieux que je pus avec mes modestes connaissances. A la fin de la visite et pour me remercier de ma prestation, ce couple m’invita à découvrir le Buenos Aires nocturne. N’ayant, là encore, aucune raison de refuser, j’acceptai tout en signalant que j’avais prévu de sortir avec deux de mes camarades. Cela ne présenta pas de difficulté pour mes visiteurs qui me proposèrent d’emmener aussi mes deux camarades.
Nous voilà donc partis tous les trois avec ce couple découvrir la vie nocturne. Nous montâmes à l’arrière de la voiture, le plus petit d’entre nous se glissant au milieu.
A plusieurs reprises, il nous fallut descendre de voiture, puis remonter en voiture afin de visiter plus précisément les curiosités. Malheureusement, lors d’une descente de voiture, la couture du pantalon de notre «petit» copain se décousit

à un endroit que je vous laisse deviner. Fou rire général dans la voiture. Très attentifs au tracas de notre ami qui se retrouvait le slip à l’air, nos hôtes, refusant de le laisser dans cet état pour remonter à bord, nous emmenèrent chez eux. Il était une heure du matin. Une fois sur place, la maman de la jeune femme, pas encore couchée, s’étonna de l’arrivée de trois marins français dont un tenait son pantalon comme il le pouvait pour paraître présentable. Après des explications qui réamorcèrent quelques fous rires, notre copain fut invité à se dévêtir. Et c’est ainsi qu’il se retrouva en petite tenue dans une chambre en attendant que la maman, fine couturière, recousît avec talent le pantalon.
Une fois la réparation terminée, nous repartîmes tous les cinq afin de terminer la soirée dans un petit bar folklorique de la ville.
Ce jour-là, nous sommes rentrés tôt le matin et, personnellement je ne pouvais faire autrement car une journée de service m’attendait. Le jour suivant nous retrouvions ce couple pour un après-midi très sympathique … et sans aucun problème vestimentaire.
Le 7 décembre nous quittions Buenos Aires avec en tête le souvenir d’une escale particulièrement plaisante à la suite d’une simple visite du bord.