Par Jean-Jacques Dujardin d’après un texte de Michel Privé.
Saluons la belle carrière de notre Jeanne d’Arc, mise en service en 1964 et désarmée en 2010. Après quarante-cinq campagnes de l’école d’application, d’une durée moyenne de six mois chacune, la Jeanne arborait en 2010 une belle flamme de guerre longue de 65 mètres (référence : le supplément à la revue « Marine-Océans » de septembre 2010).

Attardons nous un instant sur cette question de longueur de flamme qui témoigne de l’activité en campagne d’un bâtiment. Examinons le cas des avisos-escorteurs, spécialistes des campagnes lointaines et voyons plus précisément celui de l’EV Henry, contemporain de la Jeanne d’Arc.
Mis en service en 1965, il est en campagne 12 mois sur 12, avec des retours périodiques en métropole pour grands carénages et stages au centre d’entraînement de la flotte. Il appareille de Toulon pour la Polynésie le 26 novembre 1973 avec une flamme déjà longue de 50 mètres. Il lui reste encore vingt-et-un ans à vivre. Si l’on tient compte des retours en métropole et des 4 années en tant que conserve de la Jeanne d’Arc, on peut estimer à 18 ans la durée des campagnes lointaines de l’ EV Henry. Dans ces conditions, quelle est la longueur de la flamme de guerre de l’EV Henry à son désarmement en 1994 ?
Michel Privé a interrogé sur cette question son ex-patron timonier qui lui a dit que la flamme s’accroissait de 50 cm par trimestre en campagne (2 mètres par an). Cela ferait donc pour l’ EV Henry une flamme longue de 50 m + (18 x 2), soit 86 m. Un bel exploit.
Pour être complet sur la question, on peut préciser que la flamme de guerre tricolore est composée de bleu pour 2/10, de blanc pour 2/10 et de rouge pour 6/10.
Voilà, et, comme le dit un certain chanteur, vous saurez tout, tout, tout sur la flamme de guerre, sa longueur et ses couleurs.